Manoush revisite l’esprit gypsie, ignorant les conventions du bon goût, cette toute jeune marque française, qui séduit déjà des filles aussi différentes que Paris Hilton ou Vanessa Paradis, met en avant une élégance poétique et libre. Très manouche donc... Tout se passe comme si une tribu de gitans ouvrait ses malles pour en extraire des trésors, dans un mélange foisonnant de pièces d’esprit vintage et de détails un peu clinquants… Manoush est une invitation au voyage, l’occasion de se raconter des histoires et de rêver la mode. Sans se prendre au sérieux et en s’autorisant toutes les fantaisies.
Tout a commencé, en 2002, par un voyage de l’autre côté de la Méditerranée. La styliste Frédérique Trou-Roy venait de quitter Morgan où elle dirigeait le bureau de style accessoires. Elle décide d’aller faire un tour du côté du Maroc. A Marrakech, elle écume les souks avec bonheur, pousse la porte des petits ateliers de rue, chine des foulards anciens. Et en fait des cabas divins aux poignets de cuir soulignés de ferronnerie martelée, dans le plus pur style marocain. Elle fait aussi rebroder des paillettes sur ces grands paniers d’osier, semblables à des couffins, dont les femmes se servent pour aller au marché. Elle les baptise Sharihane. Elle ajoute pampilles et bouts de dentelle sur des besaces de toile... Le sac Sahara, fil rouge des collections Manoush, est né ! Frédérique s’amuse. Et ça marche. Six mois plus tard, elle s’inscrit au salon Première Classe, la référence en matière d’accessoires, et vend absolument tout ce qu’elle a rapporté de son voyage.
Dès la deuxième saison, elle fait faire au Brésil une mini-robe d’esprit lingerie joliment baptisée Chou. Cette pièce deviendra aussi un indispensable de la garde-robe Manoush, reconduite toutes les saisons. Début 2004, un financier arrive et permet à la maison de prendre son envol et de structurer le prêt-à-porter. La jeune Priscilla Pariente, formée à l’école Naf Naf, se joint à Frédérique et prend en charge la partie production de l’aventure. La première « vraie » collection est celle de l’hiver 2004-2005. Il y a un an, des corners ouvrent simultanément aux Galeries Lafayette et au Bon Marché. Dans le même temps, Julien Kouhana arrive chez Manoush pour s’occuper de la partie commerciale. Diplômé de l’Université de Dauphine, il délaisse vite le monde trop sérieux de la finance pour retourner, dit-il, « vers la mode ». Un élan irrépressible : toute sa famille travaille dans le prêt-à-porter. Priscilla Pariente, elle, traverse l’Atlantique et supervise désormais le développement de la marque aux Etats-Unis.
|
|
|